J’aimerais voir les animaux du futur.
Mon psy m’a dit que j’avais de beaux yeux.
Ma libido est intrinsèquement liée à l’état de rangement de mon appartement.
J’ai l’impression que je ne vais jamais mourir, du coup je traverse n’importe comment en défiant les voitures, je les regarde droit dans les phares.
Avec mes troubles de l’attention, on dirait que j’entends tout, sauf le nécessaire.
Je t’écoute en te regardant dans les yeux, même si je vois flou les trois quarts du temps.
Mon oncle est renvoyé chez lui pour mourir en paix.
J’aime bien entendre le bruit clair du cling-cling des bijoux.
J’ai pris un café avec mon dealer, c’était super.
J’ai un peu l’impression de faire partie d’un club de psychologues anonymes.
Je vis avec 7 mecs cis, l’hygiène est un sujet et un non-sujet.
Mon père bourgeois se demande souvent comment je fais pour me déconstruire dans les squats et la crasse.
Au taff iels ont fait prendre feu à trois machines à laver, avec les torchons pleins d’huile.
J’ai appris récemment que ma pote avait « un spot à crottes de nez ». Elle était étonnée que je n’en aie pas.
On ne fait pas la vaisselle mais on a un super aspi de chantier.
J’ai un nouvel ami, on est devenu proches après qu’il a mangé un peu de mon caca en faisant la plomberie.
Cette année j’ai eu une fois la gale et deux fois des punaises de lit, et me brossais les dents deux fois par jour.
J’ai une liste à finir de « to-do lists » qui date de 2016.
J’ai besoin d’un câlin, d’un joint et de 12 h de sommeil.
Les darons d’un pote se sont fait percuter à 110 sur l’autoroute, les couilles en or qu’ils vont se faire au procès…
Je connais un basque qui s’est fait arracher la gueule samedi soir.
Quand j’ai faim j’ai l’impression que mon estomac se ronge, se ronge et se régurgite en boucle.
J’étais en gueule de bois sur un pont ce w-e, une cycliste a fait demi-tour, pensant que j’étais suicidaire.
Si je m’isole trop, quand je sors j’ai un doute sur la réalité des gens : il y en a on dirait des esprits.
J’oublie que je suis grand quand je suis seul.
Je veux la vie de Yakari.
J’ai un kink pour les chaussettes neuves, ça pourrait me coûter cher.
Je prends le vélo parce que j’ai peur de frauder dans les transports.
Je suis droit dans mes potes.
Je fais des chansons de love mais je crois avoir oublié comment aimer.
J’admire et déteste les artistes engagés.
Je couche avec quelqu’un qui couche avec quelqu’un.
Depuis que j’ai décidé d’arrêter de tuer les moustiques, on vit en colloc.
Je me mets au sport comme pour me jeter un sort.
J’aurais aimé ne jamais m’assoir sur du vomi dans le métro.
Quelle belle soirée que de tomber dans les pommes avant chaque concert.
Mon mec regarde tous les soirs un film d’horreur puis 15 minutes de documentaire animalier, c’est charmant.
Je rêve d’être en couple pour pouvoir dessiner mon autoportrait en baisant.
Parfois je pense que l’on m’a lancé une malédiction que je ne dirai pas.
Au marché j’accepte de me faire appeler « minette » pour recevoir les invendus.
En croisant les gens en rue, parfois je me rappelle qu’eux aussi ont des orgasmes : trop bizarre.
Quand je bois et vis des émotions intenses : je vomis.
J’ai envie de me remettre à sucer mon pouce : il faut que j’en parle à ma psy.
A force de regarder des vidéos en x1.25 / x1.5 la réalité me parait trop lente.
Je stalke un peu trop, beaucoup trop.
Je dors en cuiller avec le chat de mes collocs, c’est mieux qu’un humain.
J’ai peur de l’association des couleurs vertes et jaunes à cause d’un rêve où je me fais violer dans un champ de fleurs jaunes, ça fait 15 ans.
Ma voisine d’à côté est morte, son corps est resté en décomposition 29 jours.
Mon père m’a menacé en me visant avec un fusil.
Je peux regarder 20 fois le même film ou la même vidéo parce que j’ai peur de la nouveauté.
Je fais des rêves parfois problématiques.
Ma grand-mère mangeait des légumes avariés.
Enfant je disais à mes parents qu’ils sentaient le sexe.
On me demande beaucoup trop souvent mes origines.
Je m’entraîne à être actrice dans la salle de bain.
J’aime une femme, elle m’a donné le sein.
J’aimerais remettre le prix Pritzker aux araignées pour l’ensemble de leurs œuvres.
Je suis jalouse de mon chien quand apparait son poil d’hiver.
J’ai menti quand j’ai dit que j’aimais pas quand tu me pissais dessus.
J’aime quand ma chatte prend l’odeur de la tienne sauf quand elle pue.
J’ai apprécié te vomir dans la bouche lors de notre premier date.
J’ai une exe scatophile.
J’aimerais bien être un bandit mais je suis en école d’art.
Je bois dans les canettes de bière qui servent de cendrier.
J’analysais ma chatte lorsqu’un énorme jet est parti dans ma boite à médicaments, ne me demandez plus de Doliprane.
J’échange mes sextoys avec ma meilleure amie, et je ne les lave pas.
Quand je suis trop excitée je vomis, soit je le garde soit je le crache dans ta chatte et je le ravale, ça fait un smoothie particulier.
Quand j’étais petite je cachais mes crottes de nez derrière mes posters Justin Bieber, je l’adore.
Je partage mes clopes avec mon chien.
Je peux passer des heures à regarder des vidéos de gens qui éclatent des boutons ou des points noirs.
Petite j’ai chié derrière un meuble de ma chambre parce que ma mère m’engueulait quand j’allais aux toilettes la nuit, j’avais peur d’elle.
Le moment le plus sale de ma vie c’est quand j’ai eu mon premier jour de règles dans un Flixbus pendant 5 heures à imbiber mon siège.
Je mange bien, pourtant je n’ai pas d’argent.
J’ai beaucoup amassé de colère envers mes parents, qui maintenant me prouvent de plus en plus qu’ils sont humains.
Je ne supporte pas quand l’ombre de quelqu’un jaillit car j’ai l’impression que ça fait jaillir la mienne.
Je me sens comme un archéologue quand je m’intéresse à ce qu’il se passe en moi.
Je ne crois pas que ce qui est important pour moi dans cette vie, je vais le partager avec des êtres humains.
Je suis né avec six orteils, prédisposé au débordement.
Petit je transformais ma chambre en toile d’araignée.
J’aime beaucoup me rouler dans la boue sous psychédélique.
J’ai couché avec une mère puis sa fille, sans m’en rendre compte.
A la gare j’observe les gens en les imaginant enfants.
Mon père a une relation avec mon ancienne colloc, avec qui j’ai couché.
Petit je voulais devenir accoucheur de lézards.
J’ai la particularité de rendre les enfants très chaotiques et ingérables.
Samedi passé un couple a baisé à côté de moi dans mon lit.
Ceux qui ne savent pas apprécier un ciel gris sont tristes, ceux qui les apprécient aussi.
Je me suis fait opérer de l’appendicite alors que je faisais juste semblant d’être malade pour pas aller à l’école.
Pendant longtemps je pensais être dyslexique alors qu’en fait j’étais juste une merde (en orthographe).
Je pense que tout le monde devrait avoir au moins un piercing.
J’ai l’impression que ma psy me juge, j’aimerais bien avoir des dossiers sur elle aussi.
Je me sens victimisé par mon propre besoin de validation.
Je ne parle plus à mon père mais parfois j’ai envie de le contacter juste pour l’insulter.
Bim, bam, boum, je me suis encore pris un mur.
Ça fait 2 semaines que j’ai pas fumé de weed, du coup j’ai enfin pris rendez-vous chez la psy.
Quand je saute j’ai mal aux dents.
En CE2 j’étais pas dans la même classe que mes amis, j’ai tellement pleuré que je me suis évanoui.
J’ai sorti un gros bout de poulet de mon nez en me mouchant.
Une fois mon père a échangé sa petite peluche de nombril avec celle de mon ex.
Dans une autre vie j’étais un pigeon.
Travailler dans un coffee shop c’est avoir tout le temps envie de faire caca.
J’ai l’air à l’aise socialement mais je me chie souvent dessus.
Le soir je fume des joints parce que j’ai peur que mon cerveau pense trop fort.
J’ai peur de tout sauf de mes lacets défaits.
Je me demande si aimer son enfant c’est comme aimer son chien.
Je me suis mise à boire vraiment de l’eau et j’ai réalisé qu’on ne nous racontait pas toujours des salades.
Un de mes talents c’est de pouvoir dormir dans n’importe quelle situation.
Je trouve qu’il y a des hommes qui font tout pour te donner envie de les brûler.
Si un voleur prend mon petit-déjeuner, je deviens communiste.
Une demi-heure avant ma naissance, je m’appelais « Nothing ».
Il y a deux choses qui font un homme : sa mère et sa drogue.
J’ai envie de faire peur.
Je veux qu’il m’arrive quelque chose de grave.
Je me suis fait bannir de Tinder.
Je suis nymphomane mais que dans la tête.
Quand j’avais 8 ans j’ai menti que j’avais un grand frère pendant 1 an, et à la fin j’ai dit qu’il était mort.
Je ne bois pas de café car je fume des clopes et j’ai peur de me chier dessus.
J’ai envie d’avoir un problème aux dents pour avoir du Tramadol.
Je ne me suis pissé dessus que dans un pays dans le monde pour l’instant.
J’ai utilisé mes cheveux pour nettoyer mon grinder.
J’aime bien le concept de multiprise.
Parfois j’ai l’impression d’avoir mis ma peau de travers, comme si j’avais enfilé ma chaussette à l’envers.
J’ai un Américain dans mon lit.
Lorsque je veux partir d’une boite de nuit dans laquelle je ne remettrai jamais les pieds, je déclenche une bagarre pour me faire virer, c’est beaucoup plus fun.
Je pense toute la journée au foot.
J’ai vendu de la beuh un temps, après j’ai fait faillite.
Mon père est bandit, je trouve ça stylé.
Je n’ai jamais envie de voir des films intelligents mais je le fais quand même pour la gloire.
Je conseille à toustes de voler en pharmacie le traitement Bion 3 format 3 mois et de le commencer mi-octobre.
Je ne me décide pas sur mon moment préféré du processus de ma lampe à lave.
Je suis en adoration pour le rose, le bleu est une hérésie.
Il a mis des nouilles en miettes avant de les cuire.
Je sais des choses qui pourraient détruire tant de couples.
Je mettais des films d’horreur pour m’endormir, et si je restais éveillée c’est qu’ils étaient bons.
J’ai trouvé un poulpe mort et je l’ai jeté sur ma sœur.
Je suis heureuse de ne pas avoir pu me faire tatouer à 16 ans.
Je n’aime pas les bulles dans la bière : je les enlève.
Mon amie raconte ses plus gros traumas comme des fun facts.
Les premières clopes régulières c’était le vendredi après les cours au coucher du soleil.
J’apprends à me battre parce qu’en face les fachos s’entraînent aussi.
L’absurde triomphe : je n’ai plus rien dans le bide.
Peu m’importe ma dérive, je la laisse faire tant que j’ai vu pire.
Dans ma tête il y a des larmes, de la rouille, du miel et des désirs.
Dans ton regard je les revois, les dégâts de la morsure.
J’ai peur d’être cynique, bravo.
Le contact me brûle, me paralyse, ne me touche pas.
Sous lsd je finis mes mots croisés à une vitesse record.
Pourquoi je me sens si remplaçable ?
Les trous noirs existent et on doit faire comme si c’était normal.
Quand il neige, c’est moi qui neige.
Mes papillons me rongent.
Je pense souvent être suivie, pourtant je n’ai jamais été aussi seule.
Mon visage se reflète au fond du gobelet et on dirait un poisson.
Je ne sais plus quand j’ai perdu la foi, mais j’ai perdu la foi.
J’ai rêvé d’un chat bleu qui s’identifiait comme cheval.
Spoiler alert : n’allez jamais faire un tour en pleine nuit dans les bois avec votre valise.
Mes yeux sont des projecteurs et mon activité préférée consiste à projeter le désastre de ma vie sur le plafond blanc.
J’ai lâché sa main pour lui faire un doigt d’honneur.
Quand dois-je pleurer ? Quand ça ? Donnez-moi un signal svp.
Je préfère l’impalpable à la machine, l’ambiance à l’engrenage.
Une prof m’a poussée dans les escaliers parce que j’étais à moitié francophone en maternelle.
J’étais tellement populaire en primaire que tout le monde me demandait de faire un concert pendant le repas tartines.
J’avais deux journaux intimes : un que je laissais pour les curieux et un autre que je cachais en renouvelant les pages chaque mois.
Je pensais venir de l’espace, avec pour mission d’analyser l’humanité.
Même s’il faisait plein soleil, mes frères et moi avions l’impression qu’il faisait sombre et froid la semaine de mon père.
Petite je pouvais voir l’avenir, au point de dire en même temps la phrase de l’autre.
Si je me concentre assez longtemps je peux sortir de mon corps.
J’ai oublié de conscientiser mon cœur.
J’ai le fomo alors que je suis là.
J’ai trouvé des traces de chaussures miniatures, des empreintes de lilliputiens.
J’ai un cul qui ressemble à une serviette, et mon sourcil gauche qui part vers le haut quand je ne fais pas gaffe.
J’ai une voix dans ma tête qui m’incite constamment à faire des trucs fous, genre sauter dans le vide ou manger du verre.
Mon grand-père est raciste, ma grand-mère est raciste, mon frère est raciste, je les déteste mais je dois fermer ma gueule pour qu’on reste une super famille.
Nicole, la dame de la cantine qui me forçait à manger des tomates, m’a demandé en ami sur Facebook.
Je déteste les humains, je voudrais qu’une météorite nous extermine comme les dinosaures.
Je rêve en secret d’être une pop star.
A 10 ans je faisais croire aux gens que j’avais 18 ans, persuadée que tout le monde me croyait.
La vie serait plus facile si j’étais accro au Xanax.
Je suis persuadée d’avoir été un chien dans une vie antérieure, je le sens c’est inexplicable.
Je suis fatiguée de vivre pour l’amour.
La semaine dernière une femme est morte écrasée par le camion de pompiers qu’elle avait appelé.
Je hais les hommes mais je suis toujours attirée par ceux que je hais le plus.
Mon cœur pleure tout le temps.
J’ai été lesbienne jusqu’à mes 13 ans, puis sans savoir pourquoi je suis devenue hétéro, maintenant je suis perdue.
Je hais les gens qui ont des poissons rouges.
Quand j’avais 9 ans l’école a appelé mon père pour le prévenir que je faisais des dessins suicidaires.
Manger du chocolat bio ça peut être une violence symbolique, une consommation de distinction.
J’aurais fait un bon rappeur de droite blanche.
![[Dossier] Collectif anonyme stimulé par Antoine Boute, Variations (Variations autour de Jacques-Henri Michot : 11 / 13)](https://libr-critique.com/wp-content/uploads/2026/03/band-Michot.jpg)