[Chronique] Clara Calvet, Une dernière fois le Mont Fuji, par Carole Darricarrère

[Chronique] Clara Calvet, Une dernière fois le Mont Fuji, par Carole Darricarrère

août 21, 2026
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[Chronique] Clara Calvet, Une dernière fois le Mont Fuji, par Carole Darricarrère

Clara Calvet, Une dernière fois le Mont Fuji, Black Trombone Editions, juillet 2026, 64 pages, 15€, ISBN : 978-2-488390-06-4.

 

« Comment se soustraire/à la Gorgone… », comment « Rendre grâce/au temps présent/Sans rendre/compte ? », sans fracas ni tomber dans la vindicte ?, soit éclairer sans peser, d’une plume aussi audacieuse que sibylline, un sujet à controverse en échappant à la fois aux étiquettes & aux morsures de la censure ?

*

C’est un petit livre blanc comme un signe des temps pétri de clairvoyance, un sursaut nécessaire édité par une jeune maison d’édition de poésie qui ne manque ni d’efficacité ni de flair.

Des filtres du Mont Fuji au sablier de l’enlisement, de la mélancolie à la col(le)ère, goutte à goutte & mot à mot comme pellicules de peau, de césure en césure soit autant de points de suture reprisant – souffle coupé – une mantole de sensations,

L’éponge magique du « jouet ravi de (s)es mots » agissant à l’aplomb du temps, Clara Calvet s’y empare d’un sujet tabou, lance l’alerte, prouve qu’épeler appelle le sens à la lucidité, assume qu’élever poétiquement l’évènement en révèle – en exalte – toutes les facettes.

De la camisole de force du confinement au devoir de mémoire s’y égrène comme recoudre-l’élan-statique-de-joies-anciennes la colonne de contention de larmes de feu ravalées à la source de la contrainte.Ou tendre la main aux poings qui se referment, aux liens qui s’effilochent, une échelle à la lumière, une bouteille à la mer, une corde aux justes, une bouée à l’espérance,

Prendre les mots à témoin comme autant de points d’appui, du plancher de la nostalgie aux sommets de la plénitude.

Où dénoncer épuise sans l’énoncer la formule attendue du bât qui blesse, dénoncer à mots couverts & contre-courant un « retour à la/ Caverne sans la lumière, /Sans la vérité,/Sans la beauté, ».

Où s’entendent en filigrane comme à contre-jour les boitements d’un cœur qui rue, l’ombre qui sévit, la force du refus qui croît à l’endroit de la langue qui mâche & des regards attendus qui rabâchent les injonctions usées du rabat conformiste de la norme.

Où, de coup de blues en coup de gueule, le poème s’affûte sur le tranchant des chemins de traverse d’une ode à la liberté, la note de fond d’une complainte s’entend comme un baume salvateur en réponse à l’engorgement du sens.

Tierces lectures n’en épuiseront pas l’exigence, les accents, les nuances, les ressources.

*

Voici donc comment, pensais-je ( : ) avec sincérité, sensibilité, et cette altérité indissociable, en ces temps de confusion, d’une soif de vérité salutaire,

En restant en poésie, rester comme reposer, reposer comme renouer, fidèle à sa propre voix & à ses valeurs, coûte que coûte & pied à pied… : « la joie du poème/te sautera/au cou », dit-elle.

Si ‘la vida es una milonga’, soit une tromperie, le Poème lui ne (se) ment pas.

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librCritique

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