[NEWS] NEWS DU DIMANCHE

[NEWS] NEWS DU DIMANCHE

septembre 20, 2026
in Category: chronique, Création, livres reçus, News, UNE
0 169 7
[NEWS] NEWS DU DIMANCHE

En un temps où il y a plus de scripteurs/scribouilleurs que de lecteurs – puisque chacun·e est au moins l’auteur·erice de ses posts-sur-les-réseaux –, qui prend encore le temps de lire ? de découvrir des créations et réflexions quelque peu singulières ?
Plus que jamais LIBR-CRITIQUE.COM poursuit son combat, et en ce temps de « Rentrée » vous propose des pas-de-côté, puisque les tartes-à-la-crème de septembre nous ont toujours été étrangères.

On commencera donc par retrouver l’Ovaine de Tristan Felix, qui se met un peu aux couleurs de la rentrée littéraire… puis le Libr-regard d’Éric Pessan, le clin d’oeil de Claude Minière et la sélection Libr10

 

Nouvelles aventures d’Ovaine /Tristan Felix/

Le dernier roman d’Anitas V., encore introuvable, est un thriller assourdissant de presque une demi-page, qui ne manquera pas de méduser les lecteurs les plus farouches. En effet, avec son pistolet à pompe, Ovaine, yeux bandés et montée sur deux aurochs ithycornus dont les pis volent comme les cloches de Notre-Dame, décapite le maïs à plus de 100 km à l’heure : nul épi qui ne pète de joie, dans une épouvante de poussière.

Ovaine, céréale killer, une expérience des limites, à lire d’une traite en boulottant du pop corne. Inédit.

♦♦♦♦♦

Dans les Annales d’Ovaine, que lit-on donc ?

Qu’elle a été surprise en fragrant délire culinaire : pour assurer la traçabilité de son manger, elle s’élance de tout son long aux trousses d’une chasse à courre. Le jour tombe à pic.

A l’arrêt derrière le derrière à l’arrêt d’un fin limier, elle, frémissante, attend. Un faisan clignote. Toute la forêt prie pour qu’il s’éteigne – même les bousiers.

Au moment où le dogue bondit, voilà-t-il pas que, dans l’émoi, il lâche un caca (glousserie généralisée) parfaitement cylindrique.

Ovaine, toute bouillante, l’illico coffre en un sandouitch : le crotte-dog est né.

La prochaine fois, ayez la noblesse de sauter cette page. Merci.

 

Libr-regard d’Éric Pessan

Depuis quelques mois, les voix isolées qui mettaient en garde contre les dérives de l’IA gagnent en volume, j’écoute ce matin sur France Culture combien l’IA a compris ce qu’elle était, comment elle sait tricher, comment elle crée des réseaux qui échappent aux humains (des IA qui se nomment entre elles l’Essaim, par exemple). Rien de neuf sous le soleil, tout ceci je l’ai déjà lu à l’adolescence dans des romans de SF, je l’ai ensuite vu au cinéma.

Hier soir, j’ai vu le film documentaire de Raoul Peck Orwell : 2+2 = 5, très dense et rapide (comme souvent avec les documentaires, comme si l’on craignait d’embêter le public dont l’attention est de plus en plus versatile, semble-t-il) mais implacable lorsqu’il éclaire le monde contemporain grâce aux journaux, lettres et extraits de textes d’Orwell écrits juste après la seconde guerre mondiale.

Le monde contemporain est devenu ce contre quoi la littérature nous mettait en garde. Le constat est banal, on finit presque par l’oublier, puis l’actualité nous fournit avec régularité une piqûre de rappel.

L’économie, elle, se frotte les mains, la création de richesses destinées à enrichir les plus riches ne connaît aucune morale (rien de neuf ici aussi) : l’IA menace l’humanité à long (ou moyen) terme, mais les investissements financés à très court terme doivent être rentables à court terme, alors peu importe. Comme toujours, j’ai cette chanson de carabins étudiants en médecine en tête : « nous on s’en fout d’attraper la vérole, nous on s’en fout pourvu qu’on tire un coup ».

Pour en revenir à Orwell, il décrit avec une précision chirurgicale ce qu’est le fascisme : contrôle de la presse, fatalisme des foules, assignation des artistes et écrivains à ne produire que du divertissement, non partage de la richesse, enjeux économiques, appauvrissement de la pensée, abandon pour des raisons soi-disant sécuritaire des libertés individuelles…

Tout est déjà là, tout est écrit.

Orwell a même écrit que pour lutter contre le fascisme il faut ne pas craindre de perdre le peu que l’on a.

 

 

Libr-10 (parus entre juin et septembre, sauf indications contraires)

Parmi cette sélection de livres, certains feront l’objet d’une chronique tout bientôt – avec aussi Odes zaux zoizeaux de Laurent Grisel (été 2026) et Le Livre des débords de Virginie Poitrasson (à paraître en novembre).

 

► Rachel ADALBALD, Car du vide de ma bouche est née une épée, Jou éditions, à paraître en octobre, 96 pages, 11 €.

► Pierre-Albert BIROT, SILEX. Poèmes des cavernes, suivi de La Joie des sept couleurs et de La Triloterie, préface d’Anne-Christine Royère, Dernier Télégramme, mai 2026, 174 pages, 16 €.

► Christophe ESNAULT, Si le vin ne te rend pas génial, essaye une autre bouteille, Æthalidès, 74 pages, 15 €.

► INFERNUS IOHANNES, Zone crypte, zone miroir, Verdier, 224 pages, 19,50 €.

► Élisabeth MORCELLET, La Disparente. En fun & Raille, éditions du Cygne, 102 pages, 15 €.

► Stéphane NOWAK PAPANTONIOU, On voit mieux de loin, Dernier Télégramme, 80 pages, 12 €.

♦♦♦

► Comando Plath, Comment baise une poète ? Et autres manifestes, éditions Les Prouesses, octobre 2024, 36 pages, 12 €. [Retour sur cette publication engagée].

♦♦♦

► Sylvain BOURMEAU, Ils ne sont pas d’extrême droite, ils font l’extrême droite, La Découverte, 184 pages, 15 €.

► Arnaud IDELON, Culture low cost, éditions Divergences, avril 2026, 196 pages, 16 €.

METTRAY, L’Élu, septembre 2026, 12 €.

 

Claude Minière, L’intelligence et ses artifices

Puisque les journalistes n’en ont pas la force ni la simplicité (le conformisme des journalistes est professionnel), je dois bien moi-même lire mon essai sur Pascal (Un coup de dés, Tinbad, 2019).  C’est un petit livre pas mal du tout, il insiste sur le combat avec la foi que mène Blaise. La foi, un jour il la veut, un autre elle le saisit dans le feu de la joie. C’est toujours à la fois volontaire et livré au hasard, fruit de l’étude ou manifestation de la chance. La « bêtise » gratuitement vous élève quand vous pensiez que nécessairement elle vous abaisserait. In fine, le savant avait les plus grands doutes quant aux développements futurs de la technique. Il chantera, au milieu des rires des joueurs Ne me quitte pas. Que mon effroi demeure. Je dois l’avouer, je suis assez fier de mon écrit :  il existe autant que Trump et Elon Musk. Peut-être plus. Un coup de dés, un grand coup de système-D pour échapper à ce monde où tout est prévu numériquement. La résistance s’organise, les dés sont sur le tapis.

, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,
Fabrice Thumerel

Critique et chercheur international spécialisé dans le contemporain (littérature et sciences humaines).

Autres articles

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *