Claude Minière, Le livre des amis et des ennemis, Dernier Télégramme, en librairie depuis le 16 avril 2026, 40 pages, 7 euros,
ISBN : 979-10-97146-81-8.
Clément Rosset appréciait la sécheresse de Deleuze ; nulle rationalité du devenir, aucune rêverie humaine… Il s’agit bien de noter, d’atteindre la cible dans la sécheresse interne de la langue poétique. Ressentiment et pathos remplissent les étagères, pas avec Claude Minière.
Le démon à tête de serpent
je le démonte
il n’allait pas droit
Les liens buvards et bavards sont du spectacle, c’est l’éternel brouillon dans le bouillon des hallucinations.
Ils hallucinent
ils voient une vache en billets de banque
ils voient une femme en or et en argent
ils voient un homme en billets de banque
ils voient une terre en billets de banque
ils ne voient rien
Pour Claude Minière, le temps est toujours ressuscité, le chant explore toujours son revers critique. L’enchaînement des individus et des peuples se déchaînent ? les horloges tournent à vide car elles refusent le vide ? l’instant et sa foule de détails sensibles sont recouverts par la techno-science ? Pas grave, le courage poétique occupe une habitation aux amis aussi rares que précieux. L’épreuve même d’une singularité poétique creuse le frémissement intérieur qui est la vie même, dans ses métamorphoses.
Ce livre enseigne les métamorphoses
par lesquelles passent le corps et l’âme.
![[Chronique] Claude Minière, Le livre des amis et des ennemis, par Pascal Boulanger](https://libr-critique.com/wp-content/uploads/2026/04/band-Metamorphoses_Back.jpg)